Questions frequentes

Pourquoi utiliser les toits?
Est-que ces types de projets sont  économiquement rentables ?
La ville est un lieu pollué, donc pourquoi y cultiver ?
Est-ce que ces méthodes pourraient nourrir une ville comme Bruxelles ?
Où trouver le feutre géotextile ?

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Pourquoi utiliser les toits?

Voici la question qu’on nous pose le plus souvent, et la réponse que l’on donne est :

Parce qu’en ville il ne reste pas beaucoup de sols libres et non pollués où cultiver, et aussi parce que sur les toits on bénéficie en général de plus de soleil.

Mais cette courte réponse est incomplète, parce qu’elle ne tient pas compte des actions déjà en route (dont beaucoup d’entre elles sont d’ailleurs lancées par notre association) qui sont présentes en ville. Si on veut un espace sur de la « vraie terre » il y a le projet des « Jardins Collectifs », si on veut un espace plus grand il existe des terres libres à la périphérie de la ville, si on est contre la ville on peut aller à la campagne (bien que la campagne soit aussi très polluée), etc.

Notre association est active en ville et veut proposer des actions adaptées aux réalités et
contraintes urbaines : puisque les bâtiments occupent l’espace au sol, utilisons leurs toits, très souvent vides.

Beaucoup d’entres nous n’aiment pas le recours à la culture « hors-sol », mais vu la pollution atmosphérique, la contamination des sols par les industries, le peu de terrains libre du fait de la pression immobilière et de la croissance démographique, il devient malheureusement presque normal d’envisager le hors-sol en ville. C’est d’ailleurs le cas de la plupart des jardins collectifs qui sont réalisés en bacs. La dé-pollution d’un sol prend des années, surtout si elle est mis en oeuvre d’une façon écologique par la phytoremédiation, alors pourquoi attendre si on peut dès maintenant sensibiliser et connecter le citoyen à son alimentation et à la nature? L’idéal étant bien sûr de proceder  parallèlement aux deux, c’est à dire d’agir à court et à long termes.

Tout ça pour dire que le Potage-toit cherche, à l’instar des autres initiatives déjà adoptées et présentes à Bruxelles, à récupérer l’espace utilisé par les bâtiments au sol pour créer, au milieu de tout ce béton, des espaces verts et de sensibilisation.


Est-que ces types de projets sont  économiquement rentables ?

Avant tout, il est nécessaire de mentionner que le projet est soutenu financièrement par la région Bruxelles-Capitale et l’IBGE, et que, sans cette aide il n’aurait pu voir le jour et contribuer à faire naître l’intérêt grandissant pour l’agriculture urbaine à Bruxelles. Le projet est né avec une visée productive, mais nous sommes encore dans une phase d’experimentation car la prémiere saison fut celle de 2012.

Si on parle de rentabilité économique comme création d’emploi, ventes des produits et remboursement des frais d’installation, ces projets peuvent être rentables, mais sur plusieurs années, en fonction de la surface à disposition.

Toutefois rappelons que le projet vise aussi à l’amelioration du cadre de vie, la sensibilisation à l’alimentation saine et la valorisation des espaces inutilisés, or ces variables sont difficilement quantifiables en termes économique. La réponse reste donc nécessairement incomplète.

La rentabilité économique est quelque chose de complexe, surtout en ce qui concerne la production alimentaire. Beaucoup de personnes ne savent pas que l’agriculture industrielle est soutenue par l’Union Européenne à travers la PAC (Politique agricole commune), qui aide, avec 40% du budget total de l’UE (55,5 milliards d’euros), à la sécurité alimentaire (maintient de l’accessibilité des prix) et à la production (soutien à la production et à l’achat de tracteurs, essence, pesticides, engrais chimique, etc. ).

Donc avant de parler de rentabilité économique, surtout en ce qui concerne la production alimentaire, on doit d’abord comprendre que le système actuel n’est pas rentable.
D’autre part la réponse reste incomplète parce que la rentabilité financière se base sur un investissement initial et un temps de remboursement des dépenses, lequel peut varier pour chaque installation en fonction de nombreuses facteurs.


Si la ville est un lieu pollué, pourquoi y cultiver ?

Bien que cette question soit récurrente, les personnes qui la posent ne se demandent pas si eux-même, en respirant tous les jours cet air contaminé, n’en subissent pas les conséquences. Pourquoi accepter cet air pour nous mais pas pour les légumes ? Nous pensons que la question devrait être inversée, il s’agit de s’interroger sur l’origine de cette pollution atmosphérique qui peut être problématique pour notre santé.  Pourquoi pointer du doigt les légumes ou la possibilité de leur production en ville, et non pas s’interroger sur comment se déplacer autrement, par exemple, afin de limiter cette pollution.

L’activité industrielle n’est qu’en partie responsable, car elle est de plus en plus déplacée en dehors des villes : la cause principale reste donc « les voitures ». La voiture, avec la combustion et l’usure (pneus, freins, etc.) jette dans l’air des métaux lourds et des particules fines, qui se déposent sur le sol et le contamine, ou restent suspendues dans l’air.

Dans notre cas, sur un toit, on est un peu plus « protégés », parce que les particules restent souvent proches du sol et ne montent pas à une grande hauteur… mais il reste nécessaire de toute façon de bien nettoyer les légumes à l’eau, ce qui enlèvera les traces de poussière et terre qui peuvent être présentes (mais pas d’enlever la peau car on n’utilise pas de produits chimiques).

D’autre part les personnes qui posent cette question sous-entendent qu’il y aurait d’autres endroits non-pollués où il ferait bon cultiver. Si l’on considère simplement que la campagne belge est recouverte de 9000 tonnes par ans de pesticides, sans compter les rejets industriels (contre 62500 tonnes pour la France), peut-on vraiment penser que la campagne soit « pure » ?

Le problème véritable n’est donc pas la difficulté de cultiver des légumes exempts de pollution dans ce contexte, mais bien plutôt de réfléchir à d’autres modes de production, de déplacement, de consommation, qui ne génèreraient pas (autant) de pollutions. Et la personne qui pose cette question devrait aussi se demander à elle-même : que puis-je changer concrètement dans mes habitudes pour participer un peu moins à cette pollution plus globale ? La « part du colibri », comme l’appelle Pierre Rabhi.

Voici les analyses du sol et des traces des métaux lourds fait sur la terrasse en 2013: ICI


Est-ce que ces méthodes pourraient nourrir une ville comme Bruxelles ?

C’est toujours difficile répondre à ces questions…car c’est sujet est très complexe.

Cela ne fait pas longtemps que des études ont été faites sur ce sujet, par les facultés Saint-Louis et le bureau d’études Greenloop. Leur études se basent sur le nombre d’hectares disponibles à Bruxelles ( 904 en plein terre et 394 sur toiture ) et leurs résultats sont impressionnants, notamment en matière d’emplois verts qui pourraient être créés ( environ 7755 ).

L’agriculture péri-urbaine et la création de GASAP permettraient de nourrir une bonne
partie de la ville en fruits et légumes mais pas la totalité. En effet d’une part on ne peut pas s’alimenter seulement avec des fruits et des légumes de saison, et d’autre part, il faut aussi prendre en considération les habitudes alimentaires des nombreuses cultures différentes présentes en ville, pour lesquelles la prise de conscience de se nourrir avec des aliments locaux et de saisons est encore très faible. On pense qu’il y a encore beaucoup de travail de sensibilisation à faire (création du lien entre le consommateur et le producteur), l’utilisation des terrains en périphérie et la création de fermes urbaines (agriculture peri-urbaine) avant de répondre à ces questions.


Où trouver le feutre géotextile ?

Chez un revendeur à Nivelles, qui s’appelle Insulco, mais il le vend seulement en grande quantité (min. 240m2) et pour les professionnels. Donc le plus simple c’est de s’en procurer au « Potager sur la KBR » pendant les horaires de permanence. Nous le vendons déjà cousu ou au mètre, à coudre soi-même, avec instructions de couture et fil extra-resistant compris.